Dimanche 13 avril 2008
Thaddée ?

Cliquez dans la partie "Mes blogs" sur  " le blog de Thaddée". Voilà, pour répondre à de nombreuses questions. Salut amical à toutes et à tous.
communauté : Ecrivains et vains écrits ! commentaires (19)    ajouter un commentaire
Vendredi 14 décembre 2007

 

Tu n’es pas mon frère. Tu n’es pas mon père. Mais tu es mon ami. C’est à ce titre que je t’écris.

Voilà.

Je ne sais plus mettre un pied devant l’autre. Je fume maintenant trois paquets de cigarettes par jour. Mes poumons sont bouchés. J’ai consulté un pneumologue. Ma capacité respiratoire est réduite à trente pour cent.  Demain, je rentre en clinique.

Le pneumologue introduira une caméra dans mon appareil respiratoire et il regardera à la télé les paysages.

Deux solutions sont envisageables.

-                    Je n’ai pas de cancer. Je stopperai net l’usage du tabac. Car, dans ce cas, j’ai décidé de vivre. De vivre sans cette addiction. De récupérer ma liberté. Car je suis  prisonnier de la nicotine. De me marier peut-être ? D'avoir des enfants, beaux et doux comme les tiens, comme ma jolie filleule Emma !

-                    J’ai un cancer. Je continuerai à fumer mes saloperies de clopes. Car j’ai décidé de mourir, tranquillement. Pas de souffrances inutiles. Pas d’acharnement thérapeutique qui ne reportera l’échéance que de quelques mois.

C’est au titre d’ami que je t’écris. Tu ressentiras le même chagrin que mon frère. Tu seras aussi triste que mon père. Eux, cependant ignorent ma démarche. Ils l’apprendront  par tes soins, si je continue à cloper quelques temps encore.

Toi, je connais ta force devant l’adversité. Tu as malheureusement eu l’occasion déjà de faire tes preuves. Je sais que tu seras à la hauteur.

-                    Si  je n’ai pas de cancer, tu constateras que je ne fume plus. Ne me pose pas de questions superflues. Tu détruiras cette lettre et nous n’en parlerons plus.

-                    Si j’ai un cancer, tu verras que je continue à fumer. Ne me pose, là non plus, aucune question.

Mais sache que je compte beaucoup sur toi. Ma mort interviendra rapidement.  J’ai horreur et j’ai peur de la souffrance. Physique ou morale d’ailleurs. Je ne suis pas un courageux, comme tu peux l’être. « Chique molle ! » Combien de fois m’as-tu mis en boîte avec  cette moquerie ? Mis en boîte. Eh bien, tu m’y mettras une dernière fois, si c'est inéluctable !

Dans l’enveloppe ci-jointe, tu trouveras mes dernières volontés. Tu ne l’ouvriras que si je fume toujours dans quarante-huit heures. Dans l’autre cas, tu la brûleras, en pensant qu’heureusement, il n’y a qu’elle qui part en fumée.

Je ne doute pas un seul instant que tu rempliras ta mission au quart de poil,au nom  de cette amitié sans faille que nous partageons depuis que tu m'as volé ma fiancée. Je te remercie par avance et te prie d’agréer, mon cher ami, l’expression de ma profonde gratitude.

 

NB : Bonsoir à Corinne et aux enfants !  Mais motus et bouche cousue, hein !
Ah, j'oubliais : j’aurai trente ans après-demain. Jour de la dernière fumée ou des fumées éternelles !

communauté : Les mots dans tous leurs états commentaires (18)    ajouter un commentaire
Jeudi 13 décembre 2007

Mon cher papa chéri,

(C’est mon fils préféré qui m’écrit. Je préfère ce ton- là, de sa part !)

                          Tu vas probablement pleurer, vieux pédago qu’a passé le bac avant la guerre de 1870. Voici quelques perles que j’ai sélectionnées pour toi, trouvées dans les copies du bac 2007.

                           Si tu ne supportes pas, tu pourras toujours imiter …

Hemingway qui, a la fin de sa vie, s’est suicidé pour mettre fin à ses jours !

Le drôle de guerre n’a cependant fait rire personne.

Dans le monde, il n’y a que la France qui n’est pas un pays étranger.

L’eau de mer sert en particulier à remplir les océans.

La terre tourne en rond dans un sens et en travers dans l’autre sens.

Victor Hugo est né à l’âge de 2 ans.

Toute sa vie Montaigne a voulu écrire mais il n’a fait que des essais.

On dit qu’une ligne droite est perpendiculaire quand elle se met à tourner d’un coup.

Le 0 est très utile si on le met derrière les autres nombres.

Une bouteille d’eau explose sous l’effet du gel car sous l’effet du gel l’eau devient un explosif.

Comme Bonaparte, Jules César pouvait dicter plusieurs lettres à la fois, c’était un dictateur.

Jeanne d’Arc voyait des apparitions invisibles.

Au Moyen-Age, la bonne santé n’avait pas encore été inventée.

En cas de grossesse, on fait une chorégraphie.

Un corps lâché d’une certaine hauteur choisit toujours de tomber.

Un ovale est un cercle presque rond mais quand même pas.

                             J'en sais assez, mon fils ! Arrête-toi là !

communauté : L'écriture dans tous ses états commentaires (8)    ajouter un commentaire
Vendredi 30 novembre 2007

Il avait 17 ans, il était malheureux.

Le coeur du pitre

Mon triste coeur bave à la poupe,
Mon coeur est plein de caporal;
Ils y lancent des jets de soupe,
Mon triste coeur bave à la poupe;
Sous les quolibets de la troupe
Qui pousse un rire général,
Mon triste coeur bave à la poupe, 
Mon coeur est plein de caporal !

Ithyphalliques et pioupiesques
Leurs insultes l'ont dépravé !
A la vesprée ils font des fresques
Ithyphalliques et prioupiesques.
Ô flots abracadabrantesques,
Prenez mon coeur, qu'il soit sauvé;
Ithyphalliques et prioupiesques
Leurs insultes l'ont dépravé !

Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô coeur volé ?
Ce seront des refrains bachiques
Quand ils auront tari leurs chiques;
J'aurai des sursauts stomachiques
Si mon coeur triste est ravalé;
Quand ils auront tari leurs chiques,
Comment agir, ô coeur volé ?

Mai 1871. Il avait 17 ans. Il était malheureux. C'était un génie."On n'est pas sérieux quand on a 17 ans !" disait-il. Et pourtant !... Il s'appelait Arthur Rimbaud.

communauté : Ecrivains et vains écrits ! commentaires (10)    ajouter un commentaire
Jeudi 22 novembre 2007

 

Cher ami,

C’est une lettre de mon ancien copain, le mathématicien.

Vite fait, ce petit mot pour toi. Sais-tu que les dernières statistiques de la sécurité routière constatent que 17% des accidents de la circulation sont dûs à l’abus d’alcool. Tu as bien lu : 17%, l’alcool.

Mais, ce qui est effarant, c’est que, par soustraction, 83%, je dis bien 83% des accidents sont évidemment causés par des gens qui ne goûtent jamais à la dive bouteille. 83%. Te rends-tu compte ? Les conducteurs sobres : 83% des accidents.

Toi, qui ne bois jamais une goutte d’alcool, tu es donc, au volant, un véritable danger public et il y a lieu que tu en prennes conscience. Nous, les fêtards du club Ric, nous t’implorons d’abandonner la conduite automobile et de contribuer ainsi, à améliorer notre propre sécurité.

Nous t’en remercions au nom des nôtres et pour ton bien, car tu reste malgré tout notre ami.

Salut.

PS : Pour protéger la société, la simple logique voudrait que l’on retire direct le permis à tous les assasins potentiels que sont les buveurs d’eau.

communauté : Ecrivains et vains écrits ! commentaires (15)    ajouter un commentaire
Samedi 17 novembre 2007

 Comment  tomber si bas !

Je reçois un message de mon fils. Je lui fais entièrement confiance. C’est un type très sérieux. Comme son pauvre père, d’ailleurs. Et voilà ce qu’il me propose :

« Cher ascendant,

Tu trouveras en pièce jointe un truc qui devrait normalement te faire rire. Si tu es de bon poil, bien sûr…  J’espère que tu te souviens comment t’y prendre pour lire cette « pièce jointe »… La dernière fois, cela t’a pris près d’une semaine. Tiens-moi au courant. Salut. 

Ton fils unique et préféré.»

Voilà la fameuse pièce jointe annoncée:

Photo : Un  superbe drapeau tricolore flottant dans le vent… Et puis :

« Voici une liste de personnalités, ministres ou députés :

Raffarin, Legros, Branlay, Carel, Alliot-Marie, Sauter, Papu, Genet, Mady, Juppé.

 L’originalité, c’est que cette liste peut se lire dans les deux sens ! »

Et ça te fait rire ? Comment tomber si bas, mon fils ?

communauté : Ecrivains et vains écrits ! commentaires (13)    ajouter un commentaire
Jeudi 15 novembre 2007
Je retrouve dans mes archives ce texte écrit voici maintenant quelques mois, publié sur mon ancien blog, mais qui a été lu par deux ou trois personnes sur cette planète. Je le propose de nouveau parce que tout simplement, je l'ai rédigé avec beaucoup de sincérité.



         Je disais, l’autre soir, dans un brillante conversation, que je place sur la même étagère dans mon esprit, l’odeur des livres et l’odeur des confitures. 
        
         Drôle d'association d’idées, me direz-vous !.


          En ce temps-là, après la guerre, - je ne la qualifie pas de « dernière », sait-on jamais !- les livres auxquels j’avais accès étaient ceux de l’école primaire, plus un album dessiné pour enfants, acheté par ma mère à grands frais, hebdomadaire ou mensuel , qui relatait les aventures de Dido au milieu des siens, d’ ingénieux savants, autant que je me souvienne...

L’oncle de Dido, un ingénieur invalide de guerre probablement, qui n’avait plus de jambes, s’était fabriqué une sorte de planche munie de quatre bizarres pattes métalliques articulées. J’ai oublié les intrigues mais je revois très bien ce brave tonton qui m’a tant fait révé... Hélas, ces livres ont été perdus au cours des déménagements successifs de mes parents. Malheureusement, je n’en ai jamais retrouvés un seul depuis. Je lance donc un message de recherche. Sait-on jamais.


         Revenons à nos moutons.


         Quant aux livres d’école, ils appartenaient à l'école et se passaient de main en main, année après année.


          
A la plume « Sergent-major » et à l’encre violette, avec tout le soin et toute l’attention recommandés par le maître, avec une immense appréhension aussi, car la moindre tache serait fatale et mériterait une sentence dont la peine de mort donnait une vague idée, on ajoutait, langue sortie en signe d'intense application, main tremblottante, à la liste, sur la page de garde : son propre nom, son prénom, la présente année scolaire et l’état de l’ouvrage. 
          Neuf. Moyen. Passable. Médiocre. Les discussions sur l’aspect physique de l’ouvrage allaient bon train car chaque élève en devenait solennellement propriétaire responsable par intérim. 
          Et ce bien était d’autant plus sacré que les pires malheurs nous étaient promis s’il leur arrivait quoi que ce soit qui modifiât en l’handicapant son initial état.  Fût-ce de notre fait ou fût-ce par manque de surveillance.

Responsable ! Surtout que « les parents devraient le repayer » ce fameux bouquin s’il lui arrivait malheur.

 Les manuels scolaires prenaient alors à mes yeux l’importance d’un trésor. Et mon amour des livres date probablement de cette époque. Ils étaient souvent moches, à demi rongés par l’âge, gris et noirs, sans la moindre couleur, cornés et écornés... Ils étaient magnifiques, au dedans comme au dehors. Je les mangeais des yeux. Il n’était pas rare qu’un des minuscules copeaux de bois qui composaient le vénérable papier torturé par l’usage, ait disparu d’une page. Un infime trou s’y substituait donc que nous signalions au maître immédiatement - responsabilité toujours- pour ne pas être accusés de malveillance. Un minuscule trou par lequel je glissais un oeil pour voir mieux dans le ventre du livre.

Le papier, de par sa texture grossière faite de bois mal travaillé, absorbait l’encre goulûment. Les pages étaient marquées par le passage entre les matrices d'impression en plomb. Je me souviens comme si c’était hier de cette odeur de goudron et d’essence de térébenthine qui évoquait les bonbons au réglisse de l’époque ; ces lanières noires et sucrées que l’on trouvait en Belgique et que j’obtenais, comme récompense, pour aller là-bas, à travers les champs,  chercher le tabac de mon grand-père. Et, à ce parfum âcre et doux, s’ajoutaient tous les autres, accumulés au fil du temps par les anciens propriétaires, chez eux, le soir, à la veillée.

 J’en ai retrouvé une tout dernièrement, de ces senteurs insolites. Je possède les oeuvres complètes d’Aragon. Voilà quelques années que je n’en ai compulsé aucun tome. L’autre jour, je ne sais pourquoi, m’est venue à l’idée d’en ouvrir un. Si je sais, c’était à cause d’Elsa. Bref. Une émanation s’est échappée que j’ai identifiée comme provenant d’un mélange d’odeur d’encre,  de papier et de fumée de cigarettes. Je fumais beaucoup à cette époque où je travaillais avec (à propos d’)Aragon. Tellement que le papier s’en est jauni en capturant cette odeur peu ragoûtante de tabac froid. J’y ai été sensible parce que je ne fume plus. Cette senteur, c’est aussi une senteur de mon enfance...

Une odeur de mon enfance aussi importante pour moi que celle que j’ai reniflée, je m’en souviens très bien, reniflée vraiment, "pour de vrai", en « lisant », (-que dis-je ? : « en mangeant par coeur » ) dans le livre de lecture du cours moyen dont j’étais propriétaire par intérim, ce texte de Georges Duhamel, que je veux absolument transcrire ici :

            « Le jour où nous reçûmes la visite de l'économiste, nous faisions justement nos confitures de cassis, de groseilles et de framboises.

            L'économiste, aussitôt, commença de m'expliquer avec toutes sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le plus grand tort de faire nos confitures nous-mêmes, que c'était une coutume du moyen âge, que, vu le prix du sucre, du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent des usines, que la question semblait tranchée, que, bientôt, personne au monde ne commettrait plus jamais pareille faute économique.

           - Attendez, monsieur! m'écriai-je. Le marchand me vendra-t-il ce que je tiens pour le meilleur et le principal?

           - Quoi donc? Fit l'économiste.

            Mais l'odeur, Monsieur, l'odeur ! Respirez : la maison toute entière est embaumée. Comme le monde serait triste sans l'odeur des confitures!

            L'économiste, à ces mots, ouvrit des yeux d'herbivore. Je commençais de m'enflammer.

            - Ici, monsieur, lui dis-je, nous faisons nos confitures uniquement pour le parfum. Le reste n'a pas d'importance. Quand les confitures sont faites, eh bien ! Monsieur, nous les jetons.


J'ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. Ce n'est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures, en souvenir de leur parfum. »

                                                                   GEORGES DUHAMEL,

Fables de mon Jardin
                                                                                (7 ° édition, Mercure de France, Paris - 1936)

 

Je continue de manger les livres, un peu aussi, en souvenir de leur parfum !

 

 

communauté : Ecrivains et vains écrits ! commentaires (5)    ajouter un commentaire
Jeudi 15 novembre 2007
Je n'ajouterai  personnellement  aucun commentaire. Ils existent en nombre sur le web. Wikipédia et autres.


Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c'est bien fini, on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot
On dit adieu aux civ'lots
Même sans tambours, même sans trompettes
On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :
Adieu la vie, adieu l'amour,
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini, c'est pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous des condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance
Pourtant on a l'espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et le silence
On voit quelqu'un qui s'avance
C'est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain -

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu d'se cacher tous ces embusqués
Feraient mieux d'monter aux tranchées
Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien
Nous autres les pauv' purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendre les biens de ces messieurs là

- Refrain :
Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendront
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est bien fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s'ra vot' tour messieurs les gros
D'monter sur le plateau
Et si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

communauté : Ecrivains et vains écrits ! commentaires (4)    ajouter un commentaire
Mercredi 14 novembre 2007

"On" me demande une inscription dans la communauté "Ecrivains et vains écrits". Je file directement sur le blog concerné. Je découvre " histoiresimple ".


Je me lance dans la lecture chronologique des textes. Je suis subjugué. Je les absorbe à la suite, sans lever le nez.

L'auteur se nomme Jérémy. Son style est limpide, alerte, sans fioritures. Sur le fond, se dégage une candeur, une naïveté, une simplicité ravissantes. Il me dit " Cette histoire est celle de ma vie, simple comme toutes autres, avec ses hauts et ses bas. Je m'appelle véritablement Jérémy. J'espère que cela vous plaira. Bonne lecture."

Jérémy ? Je le ressens jeune homme à peine sorti de l'adolescence , porteur en soi d'une grande simplicité, mais disposant déjà d'un recul sur sa vie étonnant.

J'adore les fautes d'orthographe qu'il distille au long de ses phrases et sa ponctuation aléatoire. Je le soupçonne de les utiliser exprès pour augmenter l'impression de sincérité qui jaillit de ses écrits.

Je lui ai promis le coup de pouce que voici en vertu du coup de coeur qu'il a suscité en moi.

Merci de m'aider à tenir parole.

communauté : Ecrivains et vains écrits ! commentaires (18)    ajouter un commentaire
Vendredi 2 novembre 2007

(Excusez-moi de faire remonter à la surface ce petit texte qui me tient à coeur et qui n'a pas été lu au moment de sa publication. J'y suis attaché, voyez -vous, Madame, Monsieur, car, pour moi, Rimbaud, c'est surtout une nourriture de l'esprit...)

              Quand ils aiment, les Ardennais ne lésinent pas !
               Ils mettent d’abord sous l’étouffoir toutes les vieilles rancunes. Même si elles pouvaient sembler justifiées  aux esprits étroits.   
               Ainsi, Rimbaud qui a vomi sur Charleville une détestation jusqu’à cinq générations en aval, y bénéficie-t-il  maintenant,  des pardons les plus affectueux, des hommages les plus ardents. 
               La reconnaissance d’un certain génie peut-être ? Sûrement pas. Qui a lu Arthur Rimbaud, ici ? Non. Il est simplement à la mode. Il est de bon ton d’être un supporter du club de foot de Sedan et un admirateur du désormais  sympathique Arthur.

               Ils l’aiment tellement désormais les Ardennais, leur bon Arthur, qu’ils n’ont pas hésité à lui offrir tout un quai. Puis, comme si ce geste ne suffisait pas à sceller la réconciliation, ils lui ont dédié un musée où ils ont entassé quelques-unes de ses guenilles. Puis… puis…, j’en passe et des meilleures, est sortie de leur imagination transcendée, la sensationnelle "Maison des Ailleurs" , qui, pour le coup, semble vraiment à la dimension du poète.

                Là, les Ardennais auraient pu prétendre qu’ils avaient porté  témoignage définitif de leur affection pour leur brillant Arthur ! Eh bien non. Il a fallu qu’ils en rajoutent. Emportés par leur rimbaldienne boulimie, ils ont enfanté un chef d’œuvre : la succulente et  mystérieuse « terrine Rimbaud » qui a épaté plus d’un touriste.

                Et, soulevés par leur élan culturel, pour démontrer que, quand ils aiment, les Ardennais ne lésinent pas, ils ont associé à l’Arthur, son complice adoré et détesté, en créant le sublime « pâté de campagne Verlaine ».

                Faute de dévorer des oeuvres littéraires... nourrissons-nous de terrines et pâtés de bon aloi !

NB-  On dit que les Ardennais de la Belgique toute proche, jaloux des prouesses culturelles des Français, envisagent de suivre leurs traces. Le Führer ayant séjourné chez eux dans un fortin à Brûly-de-Pesche, quelques semaines durant la guerre 40, nos éminents congénères étudient la possibilité de fabriquer « le fromage de tête Hitler ».

communauté : Ecrivains et vains écrits ! commentaires (5)    ajouter un commentaire

Présentation

*Bouquin,bouquine*

*Bric à brac*

*Recommander*

Cliquez ici pour recommander ce blog
blog photo sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus